Énergies renouvelables à plus de 6 % : et si on était payé pour aider la planète ?
Financer un parc solaire ou éolien et toucher 6 à 8 % d'intérêts par an : c'est la promesse du crowdfunding d'énergies renouvelables, porté par des plateformes comme Lendopolis, Enerfip ou Lendosphère. L'idée est séduisante — utile et rémunératrice. Mais ces placements comportent un vrai risque de perte en capital qu'il faut comprendre avant de se lancer.
1.Le principe : prêter à des projets verts
Le crowdfunding d'énergies renouvelables (EnR) est une forme de financement participatif. Vous prêtez de l'argent — souvent à partir de 50 ou 100 € — à une société qui développe un parc solaire, éolien, hydroélectrique ou de méthanisation. En contrepartie, le projet vous verse des intérêts, généralement sur une durée de 2 à 7 ans, puis vous rembourse le capital.
Juridiquement, vous souscrivez le plus souvent des obligations ou des minibons. Vous n'êtes pas actionnaire : vous êtes prêteur, et votre gain est connu d'avance (le taux d'intérêt), sous réserve que le projet aille à son terme.
2.Les principales plateformes
- Lendopolis (groupe La Banque Postale) — spécialisée dans le solaire et l'éolien français.
- Enerfip — l'un des leaders du financement participatif EnR en France.
- Lendosphère — projets de transition énergétique et infrastructures vertes.
- Lumo (groupe Société Générale) — épargne fléchée vers les renouvelables.
Ces plateformes doivent disposer d'un statut réglementé (prestataire de services de financement participatif agréé). C'est un premier filtre de sérieux, mais cela ne garantit jamais le remboursement.
3.Des rendements de 5 à 8 %… bruts
Les taux affichés se situent fréquemment entre 5 % et 8 % par an, ce qui est nettement supérieur aux fonds euros ou aux livrets. Plusieurs raisons l'expliquent : la durée d'immobilisation, l'absence de garantie, et le fait que vous êtes rémunéré pour un risque que vous acceptez de porter.
4.La fiscalité des intérêts
Les intérêts perçus sont des revenus de capitaux mobiliers, soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Sur option globale, vous pouvez préférer le barème de l'impôt sur le revenu si cela vous est plus favorable.
Bon à savoir : en cas de défaut, certaines pertes en capital sur des prêts participatifs peuvent, sous conditions, être imputées sur les intérêts de même nature perçus la même année ou les années suivantes. Un mécanisme limité, qui ne compense jamais entièrement une perte.
5.Les risques à ne pas sous-estimer
C'est le cœur du sujet. Avant tout investissement, gardez en tête que :
- Risque de perte en capital : si le projet fait défaut (retard de chantier, faillite du développeur, malfaçon, litige), vous pouvez perdre tout ou partie de votre investissement. Aucune garantie de l'État, aucun fonds de garantie type Livret A.
- Illiquidité : votre argent est bloqué jusqu'à l'échéance. Il n'existe pas (ou peu) de marché secondaire pour revendre avant terme.
- Risque de concentration : mettre une grosse somme sur un seul projet, c'est tout miser sur sa réussite.
- Risque de taux et de retard : les remboursements peuvent être décalés, voire rééchelonnés.
L'Autorité des marchés financiers (AMF) rappelle régulièrement que le financement participatif s'adresse à une épargne que l'on peut se permettre de perdre, et seulement après avoir constitué une épargne de précaution liquide.
6.Investir avec méthode
- Diversifiez : répartissez de petits montants sur de nombreux projets et plusieurs plateformes plutôt qu'une grosse somme sur un seul.
- Limitez l'enveloppe : ne consacrez qu'une petite part de votre patrimoine financier à cette classe d'actifs risquée.
- Lisez la documentation : note d'information, solidité du porteur de projet, garanties éventuelles, historique de défaut de la plateforme.
- Pensez capitalisation : réinvestir les intérêts perçus accélère l'effet boule de neige — à condition d'accepter le risque sur la durée.
Pour visualiser ce que produit la capitalisation d'un taux annuel sur plusieurs années, utilisez notre simulateur d'intérêts composés.
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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Les montants, taux et barèmes mentionnés sont ceux applicables en 2026 et peuvent évoluer ; vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr ou auprès d'un professionnel (notaire, conseiller en gestion de patrimoine).
En bref — le crowdfunding d'énergies renouvelables (Lendopolis, Enerfip, Lendosphère, Lumo) permet de prêter à des projets solaires ou éoliens pour un rendement contractuel de 5 à 8 %, imposé au PFU de 30 %. Il comporte un risque réel de perte en capital et d'illiquidité : il s'adresse à une part limitée et diversifiée de l'épargne.
Questions fréquentes
Comment sont imposés les gains du crowdfunding en énergies renouvelables ?
Les intérêts des obligations ou minibons sont soumis au PFU de 30 % (ou au barème progressif sur option). Certaines plateformes permettent de loger les titres dans un PEA-PME, ce qui exonère d'IR après 5 ans.
Quel rendement espérer du financement participatif EnR ?
Les projets solaires et éoliens offrent généralement des taux fixes de 5 à 8 % brut par an, sur des durées de 2 à 5 ans. Le rendement rémunère un risque réel de défaut et d'illiquidité : diversifiez sur plusieurs projets.
Le crowdfunding EnR est-il un produit de défiscalisation ?
Non, ce n'est pas un dispositif de réduction d'impôt : c'est un placement de rendement. Pour réduire votre impôt, regardez plutôt le PER, le déficit foncier ou les dispositifs immobiliers (Denormandie, Malraux, Loc'Avantages).