PER 2026 : tout ce qui change (report 5 ans, fin de la déduction à 70 ans, hausse des prélèvements)
La loi de finances 2026 et la loi de financement de la Sécurité sociale ont modifié en profondeur le Plan d'Épargne Retraite (PER). Certaines évolutions sont favorables aux épargnants, d'autres moins. Si vous détenez un PER ou envisagez d'en ouvrir un, voici un point complet et à jour sur les nouvelles règles applicables au 1er janvier 2026.
1.Le report des plafonds non utilisés : de 3 à 5 ans
C'est l'évolution la plus favorable de cette réforme. Chaque année, vous disposez d'un plafond de déduction PER ; la fraction non consommée se reporte sur les années suivantes. Jusqu'en 2025, ce report était limité à 3 ans. Désormais, pour les versements effectués à compter de 2026, vous pouvez mobiliser les plafonds non utilisés des 5 années précédentes.
Une période de transition à connaître
Une règle transitoire s'applique : la part non utilisée des plafonds 2024 et 2025 reste soumise à l'ancien délai de 3 ans (utilisable jusqu'en 2027 pour le plafond 2024, jusqu'en 2028 pour celui de 2025). En revanche, la part non utilisée du plafond 2026 et des années suivantes bénéficie bien du nouveau délai de 5 ans.
Concrètement : si vous n'avez pas optimisé vos versements ces dernières années, votre capacité de déduction cumulée peut être importante. C'est exactement ce que calcule automatiquement notre simulateur PER, en intégrant le report de vos plafonds antérieurs.
2.Fin de la déduction des versements après 70 ans
C'est le durcissement principal de la réforme. Jusqu'à présent, un épargnant pouvait continuer à alimenter son PER et à déduire ses versements même après 70 ans — une pratique parfois utilisée comme outil de transmission optimisée. La loi de finances 2026 y met fin : la déduction fiscale des versements est supprimée à compter du 70e anniversaire du titulaire, pour les versements réalisés à partir du 1er janvier 2026.
Ce qui ne change pas
Les versements effectués jusqu'à fin 2025 restent déductibles, quel que soit l'âge auquel ils ont été réalisés. La nouvelle règle ne concerne donc que les nouveaux versements.
Une contrepartie à la sortie
En compensation, les sommes versées après 70 ans bénéficient d'une fiscalité atténuée à la sortie : en cas de sortie en capital, ces versements tardifs sont récupérables en franchise d'impôt, seuls les gains générés étant taxés — un régime comparable à celui de la non-déduction des versements.
3.Hausse des prélèvements sociaux et de la flat tax
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale relève le taux de CSG sur les revenus du capital, ce qui concerne aussi les produits du PER. Les prélèvements sociaux passent globalement de 17,2 % à 18,6 % sur les intérêts et plus-values. Mécaniquement, le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») applicable aux gains à la sortie progresse de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).
4.Les plafonds de déduction en 2026
Le mécanisme de base reste inchangé : vos versements volontaires sont déductibles à hauteur de 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente, dans une fourchette encadrée.
| Statut | Plafond minimum | Plafond maximum |
|---|---|---|
| Salarié | 4 710 € | 37 680 € |
| TNS / Indépendant | 4 710 € | jusqu'à 88 911 € |
Le plafond minimum correspond à 10 % du PASS. Les travailleurs non-salariés bénéficient d'un calcul plus favorable, avec une fraction supplémentaire de 15 % sur la part de bénéfice comprise entre le PASS et 8 fois le PASS.
N'oubliez pas la mutualisation en couple
Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds. Même si l'un des conjoints a des revenus faibles ou nuls, l'autre peut utiliser les deux plafonds pour maximiser ses versements et son économie d'impôt. C'est l'un des leviers les plus puissants — et les plus souvent négligés.
5.Combien pouvez-vous réellement économiser ?
L'économie d'impôt dépend directement de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Plus votre TMI est élevée, plus l'avantage est important.
| Versement | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % |
|---|---|---|---|
| 5 000 € | 1 500 € | 2 050 € | 2 250 € |
| 10 000 € | 3 000 € | 4 100 € | 4 500 € |
| 20 000 € | 6 000 € | 8 200 € | 9 000 € |
Le barème de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus 2025 (déclarés en 2026) a par ailleurs été revalorisé de 0,9 % pour tenir compte de l'inflation, ce qui décale légèrement les seuils de tranches et peut modifier votre TMI.
6.Quelle stratégie adopter pour 2026 ?
- Vérifiez vos plafonds reportés. Avec le passage à 5 ans, votre capacité de déduction cumulée peut dépasser largement votre plafond annuel. Ce montant figure sur votre avis d'imposition.
- Calculez le versement optimal selon votre TMI. L'objectif n'est pas de verser le maximum, mais le montant qui maximise votre économie d'impôt sans immobiliser inutilement votre épargne.
- Si vous êtes en couple, mutualisez. C'est souvent là que se cache l'optimisation la plus rentable.
- Si vous approchez 70 ans, anticipez : les versements déductibles ne seront plus possibles passé cet âge à compter de 2026.
- Versez avant le 31 décembre. La déduction s'applique aux versements de l'année civile ; un versement en décembre réduit votre impôt de l'année.
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Notre simulateur intègre le barème 2026, le report de vos plafonds antérieurs, la distinction salarié / TNS, le quotient familial et son plafonnement — gratuitement et sans inscription.
Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou patrimonial personnalisé. Les règles fiscales évoluent et leur application dépend de votre situation individuelle. Les produits d'épargne retraite investis en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Avant toute décision, rapprochez-vous d'un conseiller en gestion de patrimoine ou d'un professionnel habilité. Barèmes et taux applicables en 2026, susceptibles d'évoluer ; vérifiez sur impots.gouv.fr.
En bref — la réforme du PER 2026 (loi de finances 2026) étend le report des plafonds de déduction non utilisés de 3 à 5 ans, supprime la déduction des versements à partir de 70 ans (depuis le 1er janvier 2026) et relève les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU de sortie à 31,4 %. Plafond salarié : 4 710 € à 37 680 € ; TNS : jusqu'à 88 911 €.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui change pour le PER en 2026 ?
Trois évolutions au 1er janvier 2026 : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans ; la déduction des versements est supprimée à partir de 70 ans ; et les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %, portant le PFU de sortie à 31,4 %.
Le report des plafonds PER est-il passé à 5 ans ?
Oui. Pour les versements réalisés à compter de 2026, les plafonds non utilisés des 5 années précédentes sont mobilisables (contre 3 ans avant). À titre transitoire, les plafonds 2024 et 2025 restent soumis au délai de 3 ans.
Peut-on encore déduire les versements PER après 70 ans ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. Les versements effectués avant 2026 restent déductibles. En contrepartie, les versements tardifs bénéficient d'une fiscalité atténuée à la sortie (capital en franchise, seuls les gains taxés).
Quel est le taux des prélèvements sociaux sur le PER en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les gains du PER, portant le PFU (flat tax) de sortie de 30 % à 31,4 %.