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Transmission

Clause bénéficiaire démembrée et clause à options : les outils que peu d'épargnants connaissent

Publié le 10 juin 2026 · Guide Patrimocalc

La clause bénéficiaire standard « mon conjoint, à défaut mes enfants » fonctionne, mais elle est rarement optimale. Deux rédactions plus fines — la clause démembrée et la clause à options — permettent de transmettre sur deux générations et de laisser de la souplesse au survivant. Voici comment elles marchent, et pour qui.

1.Pourquoi la clause standard montre vite ses limites

Dans une clause classique, le conjoint reçoit 100 % du capital. Avantage : il est totalement exonéré (le conjoint survivant ne paie aucun droit de succession). Inconvénient : ce capital intègre son patrimoine, et il sera de nouveau taxé au second décès, lorsqu'il sera transmis aux enfants. La transmission est donc reportée… et alourdie à la génération suivante.

Les deux clauses avancées ci-dessous répondent à ce problème : organiser dès le premier décès une transmission qui protège le conjoint et avantage les enfants.

2.La clause bénéficiaire démembrée

Le principe : au lieu d'attribuer le capital en pleine propriété, la clause le démembre. Le conjoint reçoit l'usufruit du capital, les enfants la nue-propriété. Typiquement : « l'usufruit à mon conjoint, la nue-propriété à mes enfants par parts égales ».

Le conjoint usufruitier peut utiliser les sommes (on parle de quasi-usufruit pour une somme d'argent). Au décès du conjoint, les enfants récupèrent le capital sans droits supplémentaires : l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement, hors succession.

3.Le quasi-usufruit et la créance de restitution

Quand l'usufruit porte sur une somme d'argent, il devient un quasi-usufruit : le conjoint peut dépenser le capital, mais les enfants disposent d'une créance de restitution sur sa succession. Cette créance vient diminuer la base taxable au second décès — c'est tout l'intérêt.

Conseil pratique : formalisez le quasi-usufruit (convention écrite, idéalement enregistrée) pour que la créance de restitution soit incontestable face à l'administration fiscale au second décès.
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4.La fiscalité du démembrement (990 I)

Pour les primes versées avant 70 ans, l'article 990 I s'applique au capital démembré. L'abattement de 152 500 € est réparti entre l'usufruitier et le nu-propriétaire selon leur quote-part respective, déterminée par le barème fiscal de l'usufruit (article 669 du CGI), qui dépend de l'âge de l'usufruitier.

Âge de l'usufruitierValeur usufruitValeur nue-propriété
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %

Comme le conjoint survivant est de toute façon exonéré, le démembrement permet souvent de loger une partie de l'abattement sur la tête des enfants tout en protégeant le conjoint. Le capital n'est taxé qu'une fois, au premier décès, et échappe à la taxation du second.

5.La clause à options : laisser le choix au conjoint

La clause à options (ou clause à tiroirs) ne fige rien à l'avance : elle laisse le conjoint survivant choisir, au moment du décès et en fonction de la situation, la part qu'il accepte. Par exemple : « mon conjoint pourra opter pour 100 %, ou 75 %, ou 50 %, ou l'usufruit du capital ; le surplus reviendra aux enfants ».

Le conjoint arbitre alors selon ses besoins réels : s'il a assez de ressources, il prend moins et laisse davantage aux enfants (qui bénéficient de leur propre abattement de 152 500 €). S'il a besoin de sécurité, il prend tout. C'est une clause sur mesure, décidée après coup, ce qui en fait l'outil le plus souple.

Point de vigilance : le conjoint doit exercer son option dans le délai de l'option (avant l'acceptation par les autres bénéficiaires et, en pratique, avant la déclaration de succession). Une clause à options mal rédigée peut être requalifiée : faites-la valider par votre assureur ou un notaire.

6.Laquelle choisir ?

Ces deux clauses ne s'improvisent pas : une rédaction approximative peut annuler l'avantage, voire créer des conflits entre héritiers. Elles méritent l'accompagnement de votre assureur ou d'un notaire — mais bien utilisées, elles font partie des leviers les plus efficaces de la transmission.

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En résumé : démembrer la clause bénéficiaire transmet l'usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants, évitant une seconde taxation. La clause à options laisse le survivant arbitrer après le décès. Deux outils puissants, à condition d'être rédigés avec soin.

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Les montants, taux et barèmes mentionnés sont ceux applicables en 2026 et peuvent évoluer ; vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr ou auprès d'un professionnel (notaire, conseiller en gestion de patrimoine).

En bref — la clause bénéficiaire démembrée attribue l'usufruit du capital au conjoint et la nue-propriété aux enfants, évitant une seconde taxation au décès du survivant ; la clause à options laisse le conjoint survivant choisir la quote-part qu'il accepte. Toutes deux relèvent de l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause bénéficiaire démembrée ?

C'est une clause d'assurance-vie qui attribue l'usufruit du capital au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants. Le conjoint dispose des fonds (quasi-usufruit), et les enfants détiennent une créance de restitution qu'ils récupéreront en franchise de droits sur la succession du conjoint.

Comment est répartie la fiscalité entre usufruitier et nus-propriétaires ?

L'abattement de 152 500 € est partagé entre usufruitier et nu-propriétaire au prorata du barème de l'article 669 CGI, selon l'âge de l'usufruitier au décès. Le conjoint usufruitier étant exonéré, seule la part des enfants est éventuellement taxée.

Faut-il enregistrer la créance de restitution ?

Il est fortement recommandé d'établir une convention de quasi-usufruit (acte notarié ou sous seing privé enregistré) pour sécuriser la déductibilité de la créance de restitution à la succession du conjoint survivant.