Groupement forestier 2026 : -25 % d'impôt sur le revenu et -75 % de droits de transmission
Le groupement forestier est l'un des rares placements à cumuler trois avantages fiscaux en même temps : un crédit d'impôt de 25 % sur le revenu à la souscription, une exonération de 75 % des droits de donation et de succession (régime Monichon) et un abattement de 75 % à l'IFI. En contrepartie d'un horizon long et d'une liquidité réduite, c'est un outil puissant pour diversifier son patrimoine et préparer sa transmission.
1.GFF, GFI : de quoi parle-t-on ?
Un groupement forestier est une société civile qui détient et gère des massifs de bois et forêts. En souscrivant des parts, vous devenez propriétaire indirect d'une fraction de forêt, sans avoir à acheter, gérer ou exploiter vous-même les parcelles. On distingue deux formes principales :
- Le GFF (Groupement Foncier Forestier) : structure historique, souvent familiale ou patrimoniale, dédiée à la détention durable d'un patrimoine forestier.
- Le GFI (Groupement Forestier d'Investissement) : forme ouverte au grand public, dont les parts sont commercialisées par des sociétés de gestion agréées, avec un ticket d'entrée accessible (souvent quelques milliers d'euros).
Dans les deux cas, la gestion sylvicole est confiée à des professionnels et obéit à un plan de gestion durable. Le revenu provient des coupes de bois et, parfois, de locations (chasse, droits divers). Ces revenus sont imposés selon le forfait forestier (un bénéfice cadastral forfaitaire), souvent très faible voire symbolique — c'est l'avantage fiscal, pas le rendement courant, qui fait l'intérêt de ce placement.
2.Avantage n°1 : -25 % d'impôt sur le revenu (DEFI Forêt)
Le dispositif d'encouragement fiscal à l'investissement en forêt (DEFI Forêt), codifié à l'article 200 quindecies du CGI, accorde un crédit d'impôt de 25 % du montant investi en parts de groupement forestier, l'année de la souscription.
Ce crédit s'applique dans la limite de dépenses de :
- 6 250 € pour une personne seule (célibataire, veuve ou divorcée) ;
- 12 500 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
Comme il s'agit d'un crédit d'impôt et non d'une simple réduction, l'excédent éventuel vous est remboursé même si vous êtes peu ou pas imposable. Le dispositif est actuellement prorogé jusqu'au 31 décembre 2027. En contrepartie, vous vous engagez à conserver vos parts plusieurs années et le groupement à appliquer une gestion durable ; vérifiez la durée d'engagement exacte sur la notice du produit avant de souscrire.
3.Avantage n°2 : -75 % de droits de transmission (régime Monichon)
C'est l'atout majeur de la forêt en matière de transmission. L'article 793 du CGI, dit « régime Monichon », exonère 75 % de la valeur des bois, forêts et parts de groupements forestiers pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit — c'est-à-dire aussi bien en donation qu'en succession.
Autrement dit : seuls 25 % de la valeur transmise entrent dans l'assiette taxable, et ce sans aucun plafond. L'abattement de 75 % se cumule par ailleurs avec l'abattement de droit commun (100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans).
4.Avantage n°3 : -75 % d'IFI
Le troisième volet concerne l'impôt sur la fortune immobilière. Les parts de groupement forestier représentatives de bois et forêts bénéficient d'une exonération d'IFI à hauteur de 75 % de leur valeur, sous le même engagement de gestion durable. Pour un patrimoine assujetti à l'IFI, l'effet est immédiat : seul un quart de la valeur des parts est pris en compte dans le calcul de l'impôt.
Au total, le groupement forestier réunit donc un trio rare : 25 % de crédit d'impôt à l'entrée, 75 % d'allègement d'IFI chaque année et 75 % d'exonération au moment de transmettre.
5.Exemple chiffré
Marc, marié, investit 12 500 € dans un GFI en 2026, puis poursuit ses versements pour constituer un portefeuille forestier de 200 000 € qu'il transmettra à ses deux enfants.
- À l'entrée : 25 % × 12 500 € = 3 125 € de crédit d'impôt sur le revenu l'année de la souscription.
- À la transmission : sur les 200 000 €, l'exonération Monichon ramène la base taxable à 25 %, soit 50 000 €. Répartis entre deux enfants (25 000 € chacun), ces montants sont absorbés par l'abattement de 100 000 € par enfant : 0 € de droits.
- À comparer avec une transmission de 200 000 € en numéraire : après abattements, une part resterait taxable et générerait plusieurs milliers d'euros de droits.
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6.Risques et limites à connaître
Aucun avantage fiscal ne doit faire oublier la réalité de l'actif sous-jacent. Avant d'investir :
- Capital non garanti : la valeur des parts évolue avec les cours du bois et l'état des peuplements.
- Liquidité réduite : il n'existe pas de marché organisé ; revendre ses parts peut prendre plusieurs mois, voire davantage.
- Rendement modeste : le revenu courant distribué est souvent compris entre 1 et 3 % par an. L'intérêt est patrimonial et fiscal, pas le rendement immédiat.
- Aléas naturels : tempêtes, incendies et attaques de scolytes peuvent affecter la valeur des massifs (en partie couverts par des assurances).
- Frais d'entrée élevés : souvent 8 à 12 %, à amortir sur le long terme.
7.Comment souscrire
Les parts de GFI sont distribuées par des sociétés de gestion agréées par l'AMF, en direct ou via un conseiller en gestion de patrimoine. Le ticket d'entrée démarre généralement à quelques milliers d'euros. Pour optimiser le crédit d'impôt de 25 %, calibrez votre souscription annuelle sur le plafond (6 250 € seul, 12 500 € en couple), quitte à étaler vos versements sur plusieurs années. Conservez la notice et l'attestation fiscale remises par le groupement : elles justifient l'engagement de conservation et l'application du régime Monichon.
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Investir en groupement forestier comporte un risque de perte en capital et une liquidité réduite. Les montants, taux et barèmes mentionnés sont ceux applicables en 2026 et peuvent évoluer ; vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr, le BOFiP ou auprès d'un professionnel (notaire, conseiller en gestion de patrimoine).
En bref — investir en groupement forestier (GFF/GFI) en 2026 ouvre droit à un crédit d'impôt sur le revenu de 25 % (DEFI Forêt, plafonné à 6 250 € / 12 500 €, prorogé jusqu'au 31 décembre 2027), à une exonération de 75 % des droits de donation et de succession (régime Monichon, art. 793 CGI, sans plafond, engagement de gestion durable 30 ans) et à un abattement de 75 % d'IFI.
Questions fréquentes
Quel est le taux du crédit d'impôt pour un investissement forestier en 2026 ?
Le dispositif DEFI Forêt (art. 200 quindecies du CGI) offre un crédit d'impôt de 25 % du montant souscrit en parts de groupement forestier, dans la limite de 6 250 € pour une personne seule et 12 500 € pour un couple, soit une réduction maximale de 1 562 € (ou 3 125 € pour un couple) par an. Le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2027.
Comment fonctionne l'exonération de 75 % à la transmission (régime Monichon) ?
L'article 793 du CGI prévoit une exonération de 75 % de la valeur des bois, forêts et parts de groupements forestiers pour le calcul des droits de donation et de succession, sans plafond. Seuls 25 % de la valeur sont donc taxés. En contrepartie, les forêts doivent être gérées durablement pendant 30 ans. Pour des parts achetées sur le marché secondaire, le défunt doit les avoir détenues au moins 2 ans.
Le groupement forestier réduit-il aussi l'IFI ?
Oui. Les parts représentatives de bois et forêts bénéficient d'une exonération d'IFI à hauteur de 75 % de leur valeur, sous le même engagement de gestion durable. C'est le troisième avantage fiscal de cet actif, après le crédit d'impôt de 25 % et l'exonération de 75 % à la transmission.
Quels sont les risques d'un investissement en groupement forestier ?
Le capital n'est pas garanti et la liquidité est faible : la revente des parts peut prendre plusieurs mois. Le rendement courant est modeste (souvent 1 à 3 % par an) et la valeur dépend des cours du bois et de l'état des peuplements, exposés aux aléas climatiques et sanitaires. Les frais d'entrée sont élevés. C'est un placement de long terme, à envisager pour la diversification et la transmission.